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Secteur public

Regards croisés sur l’action publique locale



Le second baromètre de l’AATF montre que les usagers et les agents ont souvent la même approche des problèmes qui se posent aux collectivités. Les deux populations dénoncent l’assèchement des moyens dévolus au service public de proximité.

Au moment où la confiance entre les collectivités et le gouvernement semble durablement entamée, comme en témoigne l’Appel de Marseille lancé fin septembre 2018 par les associations des maires, des départements et des régions de France, le second baromètre sur l’action publique locale publié par l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) tombe à pic.

Réalisée par IPSOS, cette étude souligne une nouvelle fois l’attachement des Français aux collectivités locales et leurs inquiétudes face à la constante réduction des moyens octroyés aux services publics de proximité. Mais l’originalité de ce baromètre réside surtout dans le regard croisé porté sur l’évolution de la sphère territoriale par les usagers du service public local et ceux qui le font vivre. L’enquête d’opinion met, en effet, en perspective deux panels : l’un composé d’un échantillon représentatif de 1000 Français, l’autre de 500 fonctionnaires territoriaux. Et la superposition des deux grilles de lecture apporte son lot de confirmations, mais aussi pas mal de surprises !

 

Qualité des prestations du service public détériorées

 

Au rayon des confirmations, il apparaît clairement que les Français accordent une plus large confiance aux collectivités locales (79%) qu’à l’Etat (21 %). Le grand public a, par ailleurs, une bonne opinion des fonctionnaires territoriaux (68%) alors que plus de la moitié des répondants (54%) jugent négativement les fonctionnaires d’Etat. Les Français sont, en outre, satisfaits ou très satisfaits (79%) des services fournis par les collectivités. C’est 5 points de mieux qu’en 2017, même si 41% des personnes interrogées estiment que la qualité des prestations se détériore.

Les fonctionnaires territoriaux sont quant à eux plus sévères. Une majorité d’entre eux (55%) juge que la qualité du service public est en baisse (contre 45% en 2017). A noter que les deux populations sondées expliquent la dégradation du service public par l’insuffisance des dotations financières dont bénéficient les collectivités. Pour 53% des Français, les collectivités locales ne pourront pas remplir leurs nouvelles missions et maintenir le même niveau de prestations sans augmenter les tarifs des services ou augmenter les impôts locaux. Un sentiment encore plus répandu chez les agents territoriaux (72%).

 

Sapeurs-pompiers et infirmières prioritaires

 

Interrogés sur les postes sur lesquels les collectivités devraient dépenser plus, le grand public met en priorité le financement des unités de sapeurs-pompiers  (50%), juste devant la formation des infirmières (49%) et l’accueil de la petite enfance (46%). Pour les personnels territoriaux, ce sont les dépenses en faveur des crèches et de la petite enfance qui arrivent en pole position (56%), suivies de celles destinées aux pompiers (51%) et à la formation des infirmières (50%).

Contrairement à une idée reçue, on remarquera que l’augmentation du soutien financier à la police municipale ne constitue ni une priorité pour l’ensemble des Français (38%), ni pour les fonctionnaires territoriaux (45%). Sur les compétences propres des collectivités, les citoyens réclament que les efforts les plus importants soient réalisés sur la gestion de la voirie et des espaces verts (38%). Quant à eux, les agents publics plébiscitent l’augmentation des moyens pour les cantines et les centres de loisirs (39%).

 

Assouplir le statut de la fonction publique

 

Questionnés sur l’évolution du statut de la fonction publique, les fonctionnaires territoriaux (58 %) et les Français (56 %) sont majoritairement favorables à un assouplissement des textes. Seuls 6 % des agents des collectivités et 23 % du grand public souhaitent que le statut soit supprimé. A contrario, 36 % des fonctionnaires territoriaux et 21 % des Français voudraient le conserver sans le modifier. Les deux populations questionnées par IPSOS approuvent l’idée de la mobilité entre les différents types de fonction publique (83 % auprès de ces deux cibles). Elles approuvent également l’ouverture de la haute fonction publique à des hommes et des femmes issus d’autres horizons (respectivement 80 % et 82 %).

Autre idée battue en brèche par le baromètre de l’AATF : les fonctionnaires territoriaux se déclarent ouverts à l’arrivée de cadres du privé (77 %). Cependant, ils exigent que cette ouverture se fasse dans des conditions strictes et limitées. De la même manière, le personnel des collectivités se déclare favorable à l’alignement des régimes de retraite entre public et privé (55%). Et là encore, c’est une idée toute faite qui s’écroule.

 

 

Emmanuelle Quémard

 

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